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Berlin, victime de son succès ?

16 décembre 2011

« Berlin dans 5 ans ? A mon avis, il y aura de plus en plus de touristes, la ville sera plus propre, plus chère, et il y aura de moins en moins d’espaces libres pour les artistes. » Beaucoup de jeunes Berlinois de souche ou d’adoption partagent l’avis de Josephin, 24 ans. Ils ont peur du phénomène de gentrification et de l’arrivée massive de touristes, venus profiter de la scène alternative de la ville. Pour les jeunes européens, Berlin est hype et est encore « the place to be ».

Quand j’étais dans des clubs, des expos ou des open-air party, je me disais « voilà, c’est ça la vraie vie des berlinois ! », jusqu’à ce que je me rende compte au bout de quelques minutes qu’il y avait au moins 4 Français, 6 Espagnols et 3 Américains dans un rayon de 5 mètres autour de moi. Etudiants erasmus ou « easyjeters » (les touristes d’un week-end débarqués des vols low cost), tous veulent venir sentir l’atmosphère libre et festive du Berlin « pauvre mais sexy ». D’ailleurs, sans les touristes, la moitié des clubs de la ville devraient fermer leurs portes.

Mais voilà, certains Berlinois ne voient pas d’un très bon œil cette invasion de touristes et se sentent parfois dépossédés de leur ville. A Kreuzberg, le nombre d’hôtels a doublé en cinq ans, les prix des loyers augmentent sans cesse et le quartier se commercialise. Les riverains se plaignent des nuisances et de l’attitude « consommatrice » des touristes, qui ne parlent souvent pas un mot d’allemand. Des stickers à l’attention des touristes « Berlin doesn’t love you » sont ainsi apparus dans les rues cet été. Les politiques s’emparent à leur tour de la question. En mars 2011, les Verts ont organisé une campagne « Hilfe, die Touris kommen » (« Au secours, les touristes débarquent ») et suggèrent d’imposer une taxe aux touristes.

Si vous avez décidé d’aller visiter la capitale, ne vous inquiétez pas, tous les Berlinois ne détestent pas les touristes. Dans certains endroits, des stickers « Berlin loves you » ont ainsi recouverts leurs homologues négatifs. Les habitants savent aussi que le tourisme est une des principales activités économiques de la ville, dont la situation financière est plus que critique. Au quotidien, ils sont tout de même toujours prêts à aider les touristes ou les erasmus et à discuter avec eux. Finalement, ceux que les touristes dérangent le plus sont les autres touristes. Combien de fois entendrez-vous autour de vous « Oh là là, c’est bourré de Français ici, viens on s’en va ! ».

A lire Tobias Rapp “Lost and Sound” | Berlin, Techno and the Easyjet Set.

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