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La valse des vélos berlinois

25 janvier 2012

Avec Amsterdam et Copenhague, Berlin est une ville où les vélos sont rois. Ils y sont très heureux. Ils sont reconnus comme de vrais moyens de déplacements et non comme des objets de loisirs du dimanche :

– Ils roulent sur de larges pistes cyclables, situés sur les trottoirs, où AUCUN piéton ne doit mettre un pied, au risque de se faire écrabouiller.

– Ils n’ont pas beaucoup d’efforts à faire, Berlin étant plate comme une limande.

– Ils sont logés à l’abri dans les grands parkings des cours d’immeubles.

– Ils ne se font pas refouler à l’entrée des transports en commun.

– Ils ont la joie de changer régulièrement de propriétaire, ce qui rompt la monotonie de leur quotidien.

Les vélos berlinois sont à l’image de la ville : cosmopolites. Petite typologie des différents vélos que vous pourrez croiser :

1.    Le vélo à louer

Mon propriétaire : Personne. Je me prostitue à la cause du tourisme. Mon mac s’appelle DB (Deutsche Bahn).

Mes caractéristiques : Je suis lourd, rouge et en acier. Je ressemble comme deux gouttes d’eau à tous mes frères et sœurs.

Mon usage : Les touristes louent mes charmes pour quelques heures puis m’abandonnent au coin d’une rue (système call a bike) ou dans une station.

Mon lieu d’achat : On me trouve partout, surtout sur les grands boulevards.

Mon prix : Je suis gratuit pendant 1/2h puis hors de prix.

Mon lieu de résidence : Je vis dans la rue.

2.    Le vélo neuf

Mon propriétaire : Un munichois qui vient de s’installer à Berlin.

Mes caractéristiques : Je brille, je suis beau, j’ai un protège selle pour la pluie parce que je le vaux bien. Mon propriétaire a tellement peur qu’on me vole, qu’il m’attache avec une grosse chaîne, un cadenas de selle, et m’a fait tatouer un numéro pour que la Polizei puisse me retrouver. En effet, il me répète chaque jour que 7557 vélos ont été volés à Berlin entre janvier et fin mai 2011, soit une augmentation de 45,6% par rapport à la même période en 2010. Ca me fait flipper.

Mon usage : Métro – boulot – dodo

Mon lieu d’achat : Le Stadler, le plus grand magasins de deux roues d’Allemagne, qui vient d’ouvrir à Friedrichshain.

Mon prix : Vous pouvez m’obtenir pour la modique somme de « cher ».

Mon lieu de résidence : Je vis à Mitte ou à Prenzlauerberg, et je dors à l’abri dans un local à vélo.

3.    Le vélo de course (Rennfahrrad)

Mon propriétaire : un Hypster de Berlin-Est

Mes caractéristiques : Je suis léger, minimaliste et surtout je roule plus vite que tous mes copains.

Mon usage : Je suis un compagnon de tous les instants (Trajets fac – café – parc – supermarché – club -…)

Mon lieu d’achat : E-bay

Mon prix : Plus je suis minimaliste, plus je suis cher.

Mon lieu de résidence : dans l’appartement de mon propriétaire qui peut me porter sans problème jusqu’au 5ème étage.

4.    Le mini-vélo

Mon propriétaire : Un mini-berlinois (entre 2 et 5 ans)

Mes caractéristiques : Je suis en bois et n’ai ni frein, ni pédale, ni cadenas.

Mon usage : Je suis la terreur des parcs et des Kitas et des petites rues tranquilles de Prenzlauerberg.

Mon lieu d’achat : Un second-hand shop pour enfants.

Mon prix : C’est maman qui le sait ça.

Mon lieu de résidence : dans l’entrée de l’immeuble, entre deux poussettes.

5.    Le vieux vélo

Mon propriétaire : un peu tout le monde.

Mes caractéristiques : Je suis un baroudeur. Né en 1970, j’ai appartenu à un artiste qui m’a revendu à un écologiste. Je me suis fait voler, puis abandonner pour ensuite être revendu dans un marché aux puces à une étudiante, qui m’a ensuite donné à un de ses colocataires.

Mon usage : Je suis un Kiezfahrrad (un vélo de quartier). Vous ne ferez pas le tour de l’Allemagne avec moi mais je suis idéal pour raccourcir vos trajets dans cette ville immense.

Mon lieu d’achat : Sur le marché turc de Maybachufer (Kreuzberg), aux puces de Boxhagener Platz (Friedrichshain) ou de Revaler Strasse (dans l’enceinte de Cassiopea – Friedrichshain) et au Mauerpark (Prenzlauerberg).

Mon prix : Avec l’âge, il a décliné progressivement jusqu’à environ 30/40 euros, mais je connais récemment un regain de hype qui peut parfois le faire remonter jusqu’à 80 euros.

Mon lieu de résidence : dans la rue ou dans la cour de l’immeuble, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige.

6.    L’épave

Mon propriétaire : Personne ne le sait.

Mes caractéristiques : Il me manque une roue, ma selle, je suis tout rouillé mais un énorme cadenas me retient à un lampadaire.

Mon usage : Plus personne ne veut de moi, j’attend avec espoir qu’une bonne âme vienne m’achever ou me sauver.

Mon prix : Le prix d’une grosse pince pour couper mon cadenas.

Mon lieu de résidence : au pied d’une station de U/S-Bahn ou sur un pont traversant la Spree.

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